samedi 24 avril 2010

Spartacus au pays de l’opium


  ça ira... ça IRA


chaineL'examen des différentes sorties médiatiques de Biram, montre que le personnage tient un discours qui inquiète. Un discours dont le contenu déroge à la tradition discursive  de nos hommes politiques.
Le discours de Biram , s'inscrit comme un pavé dans la mare de nos  séniles canards politiques. Si le discours de Biram inquiète, ce n'est pas seulement pour ceux qui se pavanent depuis des années dans les rouages politiques mais aussi pour tous les tenants d'une approche de la solution des problèmes socio-ethniques en Mauritanie. Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître le discours de Biram  n'est pas en lui-même une révolution, ni dans son contenu ni dans son mode d'expression, alors pourquoi un tel discours met-il les autorités publiques sur les dents et fait l'objet d'une telle vulgarisation médiatique?  Et,  au-delà de son contenu, le discours de Biram ne stimule-t-il pas une lame de fond qui stagne depuis des années sous le fleuve tranquille du microcosme sociopolitique. Et laquelle?
Comment donc un discours aussi commun peut-il générer des attitudes publiques non communes (représailles , interdictions à l'égard du personnage et de son mouvement...) ?
Aussi pour répondre à ces questionnements et comprendre son impact sur le microcosme sociopolitique mauritanien,  voyons d'abord quel est le contenu du discours de Biram (I), sa stratégie (II) et ses conséquences (III)


I- Le discours d’un Spartacus:  “moi” c’est “ça”

Le discours de Biram est commun, puisque regroupant les constantes du discours classique de l’opposition (intérieure et extérieure),  mais  il tire de la médiatisation du personnage et de sa provocation les premiers ingrédients de sa force.Et ce n’est pas que cela.

En effet, si l'on se devait de faire défiler les mots-clés du discours de Biram ce serait: "esclavage, racisme, droits humains, exclusion, discrimination, séquelles, impunité, classe, minorité, passif humanitaire, oppression, déni de droits, exploitation, intimidation, discrédit"
En somme son discours, en employant uniquement ces mots clefs au-delà du détail et du factuel, se retrouve dans tous les discours des dirigeants de l’opposition de Messaoud à Daddah en passant par Mouloud et Sarr.

Mais s’il est vrai que l’on retrouve dans le discours de Biram, les constantes des discours de l’opposition, il n’en demeure pas moins que ce discours a quelque chose de plus. C’est un discours qui s’enrobe d’une couche de provocation et de volontarisme que l’on ne retrouve pas chez celui de l’opposition qui se caractérise par une faiblesse apparente et un fort relent de recherche permanente de compromis avec le pouvoir.

Biram inaugure par un ton, que l’on retrouvait d’ailleurs chez Messaoud au premières heures de son engagement politique, une nouvelle façon de “traquer” les autorités sur les thèmes sensibles et les pousser à réagir en les mettant sur la défensive.

Mais pourquoi le discours d’une certaine opposition, qui reprend pourtant les mêmes constantes, n’a pas eu les mêmes effets que celui de Biram?

La raison en est simple. Le personnage s’est confondu avec son discours. Il est à la fois le dénonciateur et le dénoncé, l’orateur et le sujet, le libérateur et l’esclave, le justicier  et la victime. Le moi et le ça.

Il s’est placé tout entier dans une stratégie de matérialisation de son discours par sa propre image. Il est lui-même l’expression personnifiée de ce qu’il clame. Il est le sujet de son propre verbe.

Toute sa personne est tendue vers ce qu’il dit (racisme, esclavage, exclusion) et tout ce qu’il dit s’exprime dans son état (discriminé, esclave, exclu). Cette stratégie de la confusion de la personne et de sa cause a donné de l’effet à la cause.

Le premier des effets a été, sous l’impact des contraintes et des représailles subies par le personnage lui-même, de donner une dimension médiatique et une force de conviction non négligeables à son discours. Il fut relayé de façon systématique sous le label: “la parole confisquée du militant interdit.”

II- La stratégie de Spartacus: faire trembler l’Etat sur ses fondements 

Spartacus est dit-on “l’esclave qui fit trembler Rome sur ses fondements”. En ce sens, Biram s’inscrit bien dans cette logique.

Le second des effets a été,  du fait de la particularité de sa situation, de pouvoir dénoncer des tabous. Le premier effet médiatique hors du commun a été celui de dénoncer les dérives des “oulémas” en Mauritanie notamment en ce qui concerne le statut des esclaves, leur mutisme face aux discriminations et exclusion et leur assentiment permanent au détenteur du pouvoir. En somme, en matière d’esclavage et de soumission à la dictature , les oulémas mauritaniens  ont utilisé la religion comme “un opium du peuple”. Bien que cette expression n’ait pas utilisée par le personnage, ses attaques sur la mauvaise interprétation que font les  oulémas mauritaniens du rite malékite se situent bien dans cette direction.

Il dit en effet: “ les plus grands ennemis de l'Islam dans ce pays, ce sont les Ulémas qui ont travesti ses préceptes, rendant licite l'exploitation, l'esclavage et l'oppression. Sans eux, le pays n'aurait pas connu les maux qui le minent.”

Biram en connaisseur de la philosophe, sait pertinemment que depuis Karl Marx: “la critique de la religion est le préalable à toute critique”. Elle en est le portail et la voie indiquée pour déstabiliser les consciences dont l’attachement au spirituel, entretenu par le clergé, les empêche d’appréhender leur réel, leur vécu; bref leur condition. L’esclavage en est un en Mauritanie.

Dans une démarche intellectuelle ascendante, Biram, veut faire de la critique de la religion, une critique du système juridico-politique tout entier soumis à une théologie de clergé. “Le rite Malékite n'est pas l'apanage des Ulémas du pouvoir qui le servent d'ailleurs mal, dira-t-il.”

“Ce que Biram condamne, déclare le porte parole de l’IRA, ce n'est pas le rite Malékite dans sa pureté originelle, mais cette copie travestie pratiquée en Mauritanie pour établir la domination de classe, justifier l'esclavage et l'oppression"

Et les dès son jetés. La stratégie suit alors son cours comme un vers dans le fruit. Les soubassements théologiques de tout le système sont ébranlés. Spartacus a frappé dans le pilier justificatif de tout le microcosme socio-politique mauritanien: la Religion.

La religion qui jusque-là se présentait en inquisitoire dans  le social et le politique se retrouvait, pour la première fois de l’histoire de la Mauritanie, dans une situation accusatoire. Et c’est là où le chef de l’IRA frappe les soubassements du système.

C’est la raison pour laquelle tout le système a réagi d’un seul tenant. Biram est qualifié d’hérétique, de blasphémateur et autres ingrédients de fatwas en puissance. Et ce que ce Spartacus a introduit, au-delà des constantes partagées de son discours, c’est cette stratégie qui a consisté à accompagner ce discours d’une “mécanique” intellectuelle redoutable. Dont on retrouve déjà les prémisses dans les thèses de Feuerbach et l’instrumentalisation dans la “critique de la philosophie du droit de Hegel”.

La lutte de Biram en Mauritanie , ressemble à cette lutte contre l’establishment mauritanien, comme, au début du siècle, les intellectuels allemands d’obédience Marxiste  pensaient que : "La lutte contre le présent politique de l’Allemagne est la lutte contre le passé des peuples modernes”. Et Marx n’est pas le voisin spirituel des Oulémas et moins encore de ceux que Biram qualifie “d’Oulémas du pouvoir”.

Toujours est-il que Biram, par cette stratégie, s’est placé au centre du système et y a généré un paradoxe qui semble avoir, comme un virus, commencé à grignoter les soubassements du système socio-politique mauritanien.

Et il n’est pas faux de dire qu’au-delà de sa lutte, Biram a bien touché des cordes sensibles qui liaient des tabous et maintenaient tout un peuple dans des chaines que personne, avant lui, n’eût le courage de dénoncer. Et à ces chaines, la religion n’est pas étrangères.

La religion a, en effet, pris en Mauritanie, à travers l’usage fort intéressé que certains cercles religieux et oulémas en ont fait,  une dimension qui a totalement assujetti le temporel (champ d’action de l’homme et de sa volonté dans ses rapports avec sa société) au spirituel (champ d’action du croyant dans ses rapports avec Dieu). C’est ainsi que la religion instrumentalisée a introduit deux attitudes négatives freinant le développement social et économique de l’individu et freinant sa liberté. Le fatalisme, d’un côté,  et l’obéissance aveugle à celui qui détient le pouvoir, de l’autre.

Le Mauritanien est fataliste. Tout est à Dieu, tout revient à Dieu et nul n’y peut rien. Cette attitude fataliste, a fait qu’il remet tout à Dieu, baissant les bras devant l’adversité, l’oppression et l’injustice. Et de cette situation ceux qui détiennent un semblant de pouvoir (dirigeants), économique (commerçants) social (chefs de tribus), en profitent. Ce fatalisme est pour beaucoup dans le silence et la résignation des petites gens, des faibles, des pauvres et des esclaves. Dans la société mauritanienne l’être ne prend par lui-même sa destinée par la défense de ces droits, par la révolte  et les voies institutionnalisées, civiques et légales. En somme ce que les grandes révolutions en Europe et en Amérique ont inculqué au citoyen en forgeant la démocratie, “le pouvoir du peuple par le peuple”.

Seconde attitude négative inculquée par les tenant du clergé, est la soumission sine qua non à celui qui détient le pouvoir. Et cette situation est d’autant plus dramatique que ni les voies et moyens par lesquels cette personne est arrivée au pouvoir , ni les conséquences dramatiques qui en ont découlés ne sont pris en compte.

L’obéissance, à celui qui détient le commandement, en fait  au plus fort, est d’une interprétation telle, qu’elle est pour beaucoup dans le statu quo permanent dans lequel est maintenu le citoyen. Cette situation concerne aussi bien ce dernier face aux dictateurs, que l’esclave face à son maître.

Cette instrumentalisation, de principes religieux appliqués hors de leur contexte socio-historique et de façon intéressée,  est contraire au préceptes de la religion qui dictent  la révolte contre l’oppression,  le prêche du bien et la dénonciation du mal. Mais la  réalité a est toute autre. Les préceptes religieux sont si nombreux et leurs interprétations si diverses que chacun, érudit ou bigot, pourra y trouver l’argumentaire de sa thèse et de son antithèse. Mais  le bouclier contre une telle dérive, ne peut être nullement la bonne foi ou la bonne intention (l’enfer, dit-on,  en est  pavé) mais uniquement la foi inébranlable dans le respect de l’homme, dans  ses droits et dans son être. N’est-il pas le représentant de Dieu sur terre qui l’a crée à son image?

La vérité est que ces dérives ne sont pas imputables à la Religion elle-même, mais à ceux qui s’en sont présentés comme “dépositaires”  (“oulémas du pouvoir”) au sein de l’Etat et  la société mauritanienne. Mais quelle que soit leur attitude, ils ne représentent pas la Religion  car peut-on reprocher à la Médecine, la mauvaise pratique d’un  médecin?

L’on comprend donc bien pourquoi le discours de Biram a engendré un tel lever de bouclier de la part d’une nomenklatura religieuse adossée au pouvoir et qui maintien le statu quo en instrumentalisant certains principes, au détriment d’autres, mais dont la sacralité est un bouclier que jusque-là personne n’a voulu affronter. Il fallait un Spartacus pour défier les centurions. Biram est au combat. ça IRA ou ça IRA pas. Le Rubicon est franchi. Alea Jacta est!

III- Au discours de Spartacus, la réponse de Brutus

Biram n’a pas seulement mis l’establishment religieux sur les dents, il s’est attaqué à ceux-la même qui depuis des années gouvernent, dans un silence complice, face aux malheurs du pays et ont assassiné tout espoir de son développement. Les Brutus.

Face à son inquiétant discours sur les interdits qui mettent la société en esclavage, Spartacus a subit les interdictions de Brutus. Interdiction de voyager, interdiction d’antenne, interdiction de son mouvement etc. Bref, une réaction musclée qui démontre bien l’impact  de ce discours sur le système politique en place.

Mais ce Spartacus défie aussi d’autres Brutus. Ceux de la communauté arabo-berbères qui pratiquent l’esclavage et qui ne le portent pas en sainteté. Et ceux de ses frères harratines qu’il accuse de devenir des mercenaires à la solde du pouvoir pour assassiner la Cause  des harratines. L’un de ces Brutus étant au sommet de la CNDH, les autres sont à divers échelons du système.

C’est autant dure que l’attitude de Biram n’est pas partagée par tous mais il convient d’admettre qu’elle n’est pas un pis-aller dans la configuration actuelle des enjeux politiques en Mauritanie. Car le discours de ce personnage, au-delà de ses constantes, se différencie du discours ambiant en Mauritanie par la stratégie qui le sous-tend et par son adossement à une démarche provocatrice de l’establishment.

Enfin le discours de Biram a ceci d’indéniable, il déroge à celui de l’ensemble de l’opposition par la clarté, par l’absence de détours compromissoires et par un volontarisme qui s’explique davantage par l’engagement de défendre une Cause que par une frénésie irréfléchie d’accaparer le pouvoir.

Cependant, tout autant que le discours de Biram, le chemin est long, le régime est spartiate et  Spartacus doit ménager ses spartiates.

Pr ELY Mustapha

jeudi 22 avril 2010

Un Coup d’Etat

Pour quoi faire?

imagesNostradamus, n’ y est pour rien. Mais les devins mauritaniens se sont mis à l’œuvre. Et des devins nous en avons à la pelle en Mauritanie. L’on se rappelle en effet la tournée de Aziz avant son élection ce que le marabout lui a dit. Vous pas? (Alors  lire ici: “la junte recto-verso”). Eh bien, toute la classe politique est actuellement sur les dents… Et ce n’est plus seulement l’opposition, tout le monde veut la peau de Aziz.  Même les caciques du PRDS se sont ligués pour rejoindre l’opposition. Exprimant le fameux adage: “les rats fuient le bateau qui coule”. Mais le navire Azizien coule-t-il vraiment  et pourquoi cette opposition en appelle-t-elle au '”coup d’Etat”?

I- Le navire Azizien coule-t-il?

AZIZ

Une part de réponse à cette question a fait l’objet de notre article précédent ( “Aziz a besoin d’un fusible” ), notamment en ce qui concerne les risques courus  par le personnage,  du fait de ses actes, à l’échelle nationale mais Aziz est aussi victime de ses alliances à l’échelle internationale.  Sa politique de l’alliance “à tout venant”, des premiers jours de sa présidence pour compenser la carence de légitimité dont il a souffert l’a mené vers les pays les plus honnis de la communauté internationale. Mais si une telle attitude a entrainé les réserves de cette communauté quant au choix des alliances du régime azizien,  le danger semble davantage venir des pays de proximité que de ceux éloignés.

En effet, la “sympathie” de  Aziz pour son voisin le Maroc n’a pas été applaudie dans la sous-région et ses positions tacites à l’égard du “problème sahraoui”, semblent réveiller quelques démons de déstabilisation et d’appel du pied à l’affaiblissement du régime Azizien.

La diplomatie mauritanienne, incompétente par nature  et guidée par une soif de reconnaissance du régime qu’elle sert, fait feu de tout bois. Ignorant la géostratégie sous régionale, elle tâtonne. Guidée davantage par les dosages d’influence, les équilibres tribaux et la reconduction d’un personnel diplomatique pléthorique gérant ses postes à l’image de la “politique du ventre” qui prévaut au pays, la diplomatie mauritanienne n’est guidée par aucune stratégie , ni des directives inscrites dans une vision étatique du devenir du pays. La raison en est simple: celui qui est au sommet de l’Etat, n’est un politique , ni un stratège, ni un leader inscrit dans une option idéologique claire permettant de situer ses options politiques devant guidant l’appareil diplomatique et consulaire. Aziz depuis son accession à la présidence, navigue à vue. Il ne tient pas la barre, il laisse dériver le navire-nation au gré des courants (politiques) qui, dans son giron usent et abusent de son régime pour souvent mettre la nation en péril (voir nos récents articles: “Contre l’extraversion de la nation” et “des partis, mal partis” ). Aziz est davantage guidé par un élan de concrétisation “d’engagements pré-électoraux” , l’inscrivant dans une logique qui semble l’aveugler au titre de “président des pauvres” (construction de routes…) oubliant par la même que les enjeux de sa stabilité politique sont ailleurs; confondant entre superstructure (le politique) et infrastructure (le bitumage des voies et chaussées). (Voir à ce propos le paragraphe “Confusion entre superstructure et infrastructure” de notre article précité.)

Ce manque de lucidité d’Aziz est doublé d’une véritable absence de volonté de dialogue. Alors que son prédécesseur, qui fait aujourd’hui tinter son chapelet du côté de Lemden, était pour le dialogue à excès (voir notre article: “Le poison de l’opposition”) Aziz côtoie la mégalomanie et se refuse au dialogue. Cette attitude du “niet” permanent a frustré l’opposition et même ceux qui par intérêt cherchaient à se rapprocher de lui. Son dernier “niet” à l’UPR à propos de son financement en est l’expression la plus cinglante.

Aziz développant une attitude “intravertie”, ne connait pas le dialogue. L’Etat c’est lui. N’est-ce pas lui qui fit tomber son prédécesseur, n’est-ce pas lui  qui a obligé l’opposition à signer le départ de son président, n’est-ce pas lui qui a fomenté et réussi son coup d’Etat, n’est-ce pas lui qui a résisté durant des mois à la pression internationale, aux menaces des institutions mondiales et régionales? Alors, il ne “doit rien à personne”.

C’est un self-made President.

DaddahMieux encore il a trouvé devant lui une masse de" “hauts-commis” malléables et corvéable à merci. En définitive, il devient démocratiquement le berger dans la bergerie. Loup il fut, berger il devint. Et cela l’opposition boutée hors de la bergerie ne l’a pas digéré. Son appel  au “coup d’Etat” n’est autre qu’un appel à rouvrir l’enclos.

C’est cette situation de blocage qui explique ce “ras-le bol” de l’opposition mais qui paradoxalement la sert. En effet, il ne fait pas de doute que l’opposition profite de cette situation pour déstabiliser le régime. Il n’est de secret pour personne que l’opposition en Mauritanie ne joue pas son rôle et qu’elle est entièrement tendue vers l’accaparation du pouvoir. Elle ne joue aucun rôle d’encadrement et d’éducation des masses, elle patauge dans un flou idéologique permanent, ses dirigeants ne développent ni de vision partagée avec le peuple ni de programme économique et social au profit des masses. L’opposition depuis notamment 2005, est entièrement obnubilée par les diatribes politiques, les dénonciations politiques tout azimut. Bref, elle tourne à vide dans un environnement de frustration politique et de déceptions électorales, passées et récentes, qui expliquent sa position actuelle qui pourrait se résumer en une phrase: “le pouvoir nous a échappé, on est négligé par le pouvoir, nous ne pouvons y accéder de sitôt, alors plus vite sera le mieux en appelant au putsch”. Une opposition qui appelle des solutions hors-la-loi…pour accéder légalement au pouvoir. En somme, un remake par l’opposition de la “méthode Aziz”. Là ou Aziz a réussi, l’opposition le pourra aussi.

II- Un coup d’Etat sur un plateau d’argent.

Les déclarations de l’opposition ont eu pour effet immédiat de mettre le général sur ses gardes.  Suivant le principe même de conservation, tout régime aura tendance à se protéger et donc à éliminer la menace. Cependant ce qui est grave, c’est que cet appel au coup d’Etat a été formulé par le Président de l’Assemblée nationale lui-même (voir ici l’article : “Avons-nous des dirigeants qui méritent le respect des citoyens” ).

C’est autant dire qu’une telle déclaration ne peut avoir que des effets fort négatifs. A court terme, le durcissement du régime, à moyen terme le déclanchement des représailles publiques ou privées et à long terme la déstabilisation des institutions de la République. Et en cas de coup d’Etat, qui y gagnerait?

L’opposition serait naïve de croire que ceux qui feront un coup d’Etat lui serviront le pouvoir sur un plateau d’argent. Un coup-made opposition.

Il semble bien que si l’opposition a appelé au coup d’Etat, c’est bien par une volonté de faire du “forcing” sur un régime qui se refuse au dialogue.Toutefois, cela ne semble pas vouloir s’arrêter là et des sources d’informations diverses font état d’intelligence avec un pays de la sous région qui n’apprécierait pas les positions du général sur le Sahara occidental et son rapprochement de son frère-ennemi frontalier. De telles informations restent cependant à vérifier.

Cependant, s’il  n’y a pas de fumée sans feu, le doute peu être permis quant à l’ingérence étrangère.

Enfin, ce qui est sûr c’est que autant Aziz que l’opposition sont allés trop loin , chacun en ce qui le concerne, dans l’instabilité qui caractérise les institutions de la République. Aziz par son attitude, l’opposition par ses déclarations. Mais une chose est certaine un coup d’Etat est toujours imprévisible et que s’il arrivait, il  n’arrangerait personne à part ceux qui le feront. L’histoire des coups d’Etat en Mauritanie le prouve bien.

Pr ELY Mustapha

Tell me more!

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Apprenez l'arabe!
Rappelez-vous notre vaillant président du CMJD, qui est allé apprendre l'anglais ... en Irlande et dont nous avions rapporté à l'époque (en 2008), la venue fort anglicisée à Nouakchott ( Cliquez ici pour lire l'article: "ELY ould Mohamed Vall apprend l'anglais: The little sheep in the prairie").
Et nous nous étions demandé pourquoi ELY ould Mohamed Vall était allé apprendre l'anglais, alors qu'il avait l'arabe à sa disposition? Mais il avait aussi le français, diriez-vous?
Non, il ne faut pas exagérer le français d'ELY ould Mohamed Vall était approximatif. Son discours au palais des congrès (ou il avait stigmatisé -LOL-les corrompus de l'Etat) , en disait long sur sa moliérité. Mais bon , il se débrouillait quand même, la preuve c'est qu'il avait, paraît-il inventé tout seul le fameux concept de "CMJD"! Bien que Aziz le lui renvendiqua. En effet, Aziz avait dit texto, après son putsch récent: "lors du putsch du 3 Août 2005, ELY ould Mohamed Vall était en train de dormir. On est allé le reveiller pour qu'il vienne avec nous".
Soit dit, en passant, pour le chef de la sûreté nationale de l'époque c'était pas...remarquable. Bon mais passons.
Aziz, tout bon francisant qu'il est, avait inventé encore le non moins fameux concept du CMRD (Comité militaire de redressement de la démocratie - ou de “rectification” de la Démocratie , au choix d'ahmed Daddah, un autre francisant de remplacement.). (Lire ici sur le CMRD)
Cependant, chose curieuse le journaliste, un bon francisant, qui au matin du 6 Août 2008, devait lire le discours du comité s'est rendu compte que phonétiquement CMRD se prononçait "C'est merdé", en fit part au général qui décida alors de remplacer CMRD par Haut comité militaire. C'est pourquoi durant toute la transition Azizienne (qui dura une éternité pour certains), on connait le CMRD mais on ne le prononce pas.
Et le journaliste qui a découvert çette chose, dîtes-vous, où est-il?
Réponse (pour un francisant qui se reconnaîtra) : quand vous contredisez Aziz où vous met-on généralement?
C'est autant dire qu'apprendre le français, c'est important pour nos gouvernants et il faut les encourager. En effet, quand ils se mettent à l'anglais non seulement les résultats ne sont pas probants, comme ce fut le cas d'ELY ould Mohamed Vall, mais ils sont desastreux!
En effet, ELY ould Mohamed Vall qui en apprenant l'anglais voulait se rapprocher des américains, se retrouve embauché...par Chirac pour sa fondation.
Voilà où ça mène d'apprendre l'anglais!
Maintenant, que vous voyez les desastres causés par l'apprentissage des langues française et anglaise, mettez-vous à la langue arabe! Cela vous demandera un effort supplémentaire mais ça a des avantages certains sur les autres langues.
En effet, alors que l'Anglais vous aurait permis de mieux lire, fièrement, les mentions figurant sur les sacs de dons de blé transgénique que nous envoie le peuple américain (gift of the American people....Quelle fierté nationale!) , alors que le français vous aurait permis de mieux lire les arrétés de kachérisation et autres décrets d'expulsion, en apprenant l'arabe vous serez mieux avantagés: cela vous permettra d'apprécier, en version originale, les discours de nos dictateurs arabes.... pour changer de ceux en hassania de ces trente dernières années.
Soyez arabisés, arabisants, arabes, arabesques, “arabiscotés” , arabiaisés, ....mais apprenez l'arabe. Il en restera toujours quelque chose. Tell me more ®.
Pr ELY Mustapha.

dimanche 18 avril 2010

Avons-nous des dirigeants qui méritent le respect des citoyens?

Un langage irresponsable au sommet de l'État

Les sorties récentes de Messaoud Ould Boulkheir n'ont pas été inaperçues. Elles sont, d'abord, un pavé dans la marre d'un status quo politique qui n'a que trop duré entre l'opposition et le pouvoir mais elles expriment aussi, l'immaturité de nos dirigeants politiques.

Dans le premier cas, Messaoud, exprime un « ras-le-bol », déjà fort sensible depuis quelques mois avec l'exclusion de l'opposition des rouages de la gouvernance (le « niet » de Aziz). Dans le second cas, Messaoud illustre par ses propos le niveau réel dans lequel les politiques placent l'Etat, et le respect qu'ils ont des institutions.

En effet, lorsque le président de l'Assemblée nationale, souhaite le renversement du Président de la République, le citoyen se dira alors que ce ne sont pas là les propos d'un dirigeant responsable. Et le danger est d'autant plus grand que celui qui tient de tels propos n'est autre que le Président de l'une deux assemblées représentatives du Parlement. L'un des trois pouvoirs de l'État.

« Notre programme n'est plus le dialogue, notre programme n'est rien d'autre que le départ de Ould Abdel Aziz, la chute de son régime » a déclamé Messaoud Ould Boulkheir.

Comment peut-on demander la chute d'un président en exercice de façon publique médiatique et si vulgairement exprimée?
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Le Président de l'Assemblée nationale, reste tenu par son statut au respect des institutions, dont le pouvoir exécutif.

Même en tant que représentant de la coordination des partis d'opposition, tant son statut de parlementaire que les lois en vigueur lui interdisent de tenir de propos appelant à la crise ou à la destitution des corps constitués.
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On comprend que Ould Boulkheir hausse le ton, pour les raisons précitées, mais ce n'est point une raison pour déclencher la haine, les coups de forces et autres calamités politiques dont la Mauritanie n'a que trop souffert.

Ould Boulkheir devrait d'ailleurs être le dernier à demander le renversement de Ould Abdel Aziz, car ce dernier n'est pas allé tout seul aux accords de Dakar.  Ce n'est pas lui, non plus,  qui a forcé Ould Boulkheir a participer aux élections présidentielles.  Ce n'est pas lui qui fait a fait perdre ces élections à ould Boulkheir  et ce n'est pas lui ,enfin , qui lui a dit de rester à l'Assemblé nationale.

Alors Ould Boulkheir, s'étant reconduit dans ses fonctions de Président de l'Assemblée nationale, en oubliant que c'est Sidioca qui l'a placé là et non pas Aziz. Ayant accepté l'élection de Aziz, en oubliant Sidioca,    Ould Boulkheir n'est pas bien placé, politiquement,  pour demander le « renversement » de Aziz et pénalement, il court un grand risque.
Le ras-le-bol des dirigeants de l'Opposition ne doit pas les mener à l'irréparable. Le ras-le-bol n'est pas un prétexte pour déstabiliser les institutions et générer la crise et la zizanie, dont on sait qu'elle ne profite jusqu'à ceux qui ont les moyens de la coercition armée.

Et au bout du compte quelle image cette opposition (responsable?) donne-t-elle au citoyen?

Celle terriblement médiocre de chefs de partis revanchards (voir l'article : "Profession: opposant" ) qui jouent à pile ou face avec l'avenir de tout un peuple.
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Mais ce que l'on peut constater hélas, c'est qu'à travers les propos de Messaoud, l'opposition a pris le même chemin que les squatters du pouvoirs. Elle en a pris les attitudes et le langage.

En effet, dès son arrivée putschiste au pouvoir, Aziz avait mis à la "mode" un langage qui ne convient pas aux institutions et à leurs garants. L'on se rappelle en effet ses fameuses phrases:
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A propos de Sidioca (alors détenu au Palais des Congrès):

«  Si ce qui vous intéresse c'est seulement la personne de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi, nous sommes capables de vous exposer sa dépouille dans les rues de Nouakchott »

A propos de Ould Waghef (alors détenu pour l'affaire « riz avarié »:
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"Si Ould Waghef mange le riz avarié, je le libère. »
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A propos de Daddah (venant d'inventer le concept de « rectification »):

« Daddah, ne sera jamais président même si les chinois votaient pour lui. »
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On voit bien donc que Ould Boulkheir, n'a rien inventé. Il s'inscrit dans la droite ligne phraséologique du Président-putschiste-légalement-élu.

Mais dans tout cela les institutions n'en sortent pas grandies, ni ceux qui introduisent une dangereuse vulgarité dans l'Etat, non plus.

Et face à ce manque de responsabilité et de retenue, le citoyen qui savait déjà qu'il était un dindon sait désormais que l'Etat devient une farce.
 
Pr ELY Mustapha

mercredi 14 avril 2010

Coup de cœur (meurtri) du blog

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Défense d'en rire (ou d'en pleurer)

La Ligue arabe a demandé, mardi, « aux palestiniens de ne pas « obéir » à l'ordre israélien de les chasser de la Cisjordanie occupée ».

Vive la ligue arabe qui défend les palestiniens!

lundi 12 avril 2010

Coup de langue

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Le ministre et le rappeur

« Le plus grand des crimes, c'est de tuer la langue d'une nation avec tout ce qu'elle renferme d'espérance et de génie. »  (Charles Nodier.  « La fée aux miettes »)

Un ministre de l’enseignement supérieur qui « s’excuse » auprès d’étudiants pour des propos tenus par…son premier ministre, à propos de la langue arabe et son utilisation en tant que langue de l’administration.
Un rappeur mauritanien qui s’époumone devant un public surexcité au Centre culturel français de Nouakchott en clamant « Non à la langue arabe ». 
Qu’on se le dise, le Français, n’est pas une langue nationale en Mauritanie. Le français ce n’est la langue d’aucune ethnie ou tribu en Mauritanie.
Qu’on se le dise, le Français n’est pas une langue de la Mauritanie ! C’est une langue étrangère !
Que l’on se trompe pas : Le français ne peut être et ne saurait être la langue officielle de la Mauritanie, ni se substituer à la langue arabe dans quelque secteur qu'il soit de la vie mauritanienne.
Ceux qui actuellement sont pris par le syndrome de la francophonie, et qui persistent à vouloir maintenir coûte que coûte la langue française comme langue de l’administration et de l’Etat mauritanien se trompent lourdement.
Le français est une langue étrangère qui doit s’étudier , se parler en tant que telle ! Elle ne saurait se substituer à la langue arabe. Langue de Mauritanie, langue de sa confession.
Ceux qui prétendent le contraire, sont tout simplement en train de vouloir imposer une langue étrangère à leur propre pays, alors que l’arabe, leur langue, remplit et de loin le rôle que le français peut remplir (voir article "bilinguisme et langue officielle").
Ceux qui défendent l’imposition du français en lieu et place de l’arabe, sont sans aucun doute de mauvaise foi.
Que l’on demande à ce que la langue française soit utilisée en attendant que, progressivement,  la langue arabe puisse devenir une langue de l’administration partagée par tous, cela se comprend.
Une grande frange de la population actuellement n’est pas formée à la langue arabe et ne parle que français, ce serait donc une erreur d’introduire la langue arabe de façon rapide et non réfléchie (tout comme l’associer à une idéologie : voir mon article, « non à l’idéologisation de la langue arabe ! » )
 Une telle introduction de l’arabe en tant que langue officielle de l’Etat mauritanien, ne doit souffrir d’aucune contradiction mais bénéficier du dialogue sur les voies et moyens de sa réalisation. 
Il convient de la planifier, d’associer les populations sur le moyen et le long termes et de faire que les générations futures mauritaniennes puissent parler travailler avec la langue arabe, à côté des langues nationales (Voir mon article sur le plurilinguisme en Mauritanie)
En effet, il est inconcevable dans un pays disposant d’une langue  qui peut servir de ciment entre les cultures du pays et d’outil unitaire de tous ses enfants, se voit rejeter au nom d’une langue étrangère. Ceci est non seulement inacceptable et constitue la pire image d’aliénation que peut présenter un peuple.
Nul ne refuse l’enseignement du français. Comme toutes les autres langues, c’est un vecteur d’ouverture et de dialogue entre les civilisations. Elle doit être enseignée dans tous les cycles éducatifs.
Nul ne doit prôner l’introduction brutale de la langue arabe dans le système administratif mauritanien. Mais demander à le faire progressivement.
Nul ne doit revendiquer la langue française comme langue de dialogue ENTRE le mauritaniens eux-mêmes. C‘est à la fois une insulte à la langue arabe, capable de jouer son rôle unitaire,  et à nos langues nationales.
Toute velléité de conserver la langue française comme la langue de la Mauritanie est à la fois une aliénation de sa propre culture, une démonstration de son incapacité à utiliser ses propres langues pour se promouvoir et surtout un aveu d’une incommensurable faiblesse qui, comme on le sait, a toujours été le signe distinctif des nations dominées.
Alors entre la langue arabe, langue mauritanienne, langue parmi les langues de notre pays, langue de notre confession et le français, langue étrangère, que choisir. La première ou la seconde ?
La réponse, pour celui que guident le cœur et la raison, ne saurait être que la première.
Stendhal, n’écrivit-il pas que : « le premier instrument de génie d’un peuple c’est sa langue » ?  (« Des périls de la langue italienne »).
Stendhal parlait ainsi de sa langue, mais aussi de ce que celle des autres pouvait être pour leur génie.
Ce qui fait que le ministre vaut bien le rappeur. Mais, à travers l’imposition du français, c’est le pays que l’ont fait chanter.
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Pr ELY Mustapha

vendredi 9 avril 2010

Contre l'extraversion de la Nation

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Manifeste pour la Mauritanité

La Mauritanie est un pays extraverti qui regarde vers des pays qui ne regardent pas vers lui. Pris dans son songe d'arabité, d'africanité,  de berbérité (et que sait-on encore ?), il s'oublie pour aller  pourfendre des rêves-moulins à vent. La Mauritanie, un pays-Don  quichotte.

Rappelons-nous en 2007, si les chefs d'Etats des pays arabes ne se sont pas déplacés pour  l'investiture du président de la République mauritanien, c'est que pour eux la Mauritanie n'est rien d'autre qu'un arrière-pays, sous développé. Un grenier pour demain auquel on miroite un avenir commun qui n'a de commun que ce que l'on veut en faire.
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De ce qui se dit tout haut (de hasseinein heykal à Gueddafi) à ce qui se dit tout bas (et que nous présumons bien), la Mauritanie est un  pays qui, pour le monde arabe, est une contrée éloignée de tribus et d'ethnies en transhumance qui vivent encore au temps de leurs ancêtres. Elle n'intéresse ses frères arabes que le temps d'un investissement, d'un soutien au sein d'une organisation  internationale ou d'une acclamation quelconque qui ne lui profite jamais.

La Mauritanie n'entre dans les préoccupations d'aucun des pays du  Maghreb et encore moins du Machrek. Elle est tolérée pour ce qu'elle peut apporter matériellement à ces pays mais elle n'est acceptée que dans le discours.

Alors, que la Mauritanie s'érige en donneuse de leçon de Démocratie, cela est intolérable.

C'est intolérable parce que justement dans la stratégie de ces pays,  elle compte pour des prunes. Disons-le sans détours, la Mauritanie est orpheline de son arabité qu'elle poursuit à perdre haleine.

C'est pourquoi nous avions appelé dans un livre largement distribué  pour demain ») à ce que la Mauritanie prenne en main sa destinée  par elle-même et qu'elle construise son avenir sans compter sur aucun  autre pays qu'elle-même. C'est en enracinant sa mauritanité qu'elle  aura sa place dans le concert du monde arabe et africain.

Hélas, le Mauritanien ne sent pas mauritanien au sens ou le Tunisien se sent tunisien ou l'Egyptien se sent egyptien…. Le Mauritanien vit  encore une arabité et une africanité qui contrairement à ce qu'elles  devraient lui apporter le déracinent. Le Mauritanien n'a pas tiré de  ces deux richesses, une Mauritanité, une unicité une identité qui  fait sa spécificité, il vit indéfiniment le supplice de  l'écartèlement culturel.

Tant que l'Etat Mauritanien n'a pas développé cette « Mauritanité »  nécessaire pour la construction d'un pays en tirant l'identité du  Mauritanien de son propre espace socioculturel (arabo-bérbéro- africain) et en faisant une spécificité qui l'identifie par rapport aux autres pays, il n' y'aura jamais de Mauritanie.

En regardant le drapeau mauritanien, nos enfants devront un jour pouvoir se dire « je suis Mauritanien ».
Non pas au sens fragile et culturellement dévoyé qui prévaut dans  les esprits d'aujourd'hui. Mais dans le sens où « je suis  mauritanien » signifie, mon pays c'est la Mauritanie, ma culture est mauritanienne, mon territoire se situe entre les 15èmes et 17èmes degrés de latitude Nord et les 5èmes et 7èmes degrés de longitude  Ouest, mon Etat est mauritanien. Je fais partie d'un ensemble naturel arabe et africain qui m'a servi une part de mon identité historique, mais je suis avant tout « Mauritanien ».

Et je mettrai ce pays au devant de tous les autres ; à l'image de ce que tous les autres Etats (arabes et africains) font de leurs pays.
L'intégration continentale, régionale, sous-régional sont des  préoccupations de peuples consentants et de nations démocratiques,  j'y adhère mais avec mon identité et mes spécificités.

Mauritanien d'abord, arabo-africain ensuite. C'est dans cet ordre que l'on devra concevoir les choses et c'est ainsi que les dirigeants arabes et africains initient leurs peuples.
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Un peuple qui n'a pas une identité et qui poursuit des chimères ne  pourra jamais accéder à un avenir radieux. Car pendant que ses  enfants se cherchent une identité pour que demain ils aient une  nation, une patrie, l'Etat se cherche encore dans des espaces  maghrébin, arabes, africains au mépris du besoin du peuple d'être lui-même, de maîtriser son destin culturel par lui-même.
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Or qu'on se le dise, ni les pays arabes ni les pays maghrébins, ne  voudront (même au nom de la fraternité) dans leur rang d'un maillon  faible. Identitairement, économiquement et socialement faible.

En somme, le Mauritanien devrait se regarder car son avenir demain, au-delà des regroupements continentaux ou régionaux, c'est son  identité. Celle par laquelle, il reconnaîtra son frère mauritanien.
Son frère qu'il saura identifier dans la multitude des peuples. Et avec lequel, il construit un pays appelé Mauritanie et dans lequel tous les deux ils se retrouvent.

La « mauritanité » en tant qu'identité, n'est cependant ni  nationalisme, ni isolement, ni refus du dialogue culturel.

La mauritanité c'est de se savoir appartenir à un groupe d'hommes et de femmes qui  partagent une culture commune que leurs ancêtres  ont forgée par eux-mêmes sur un territoire spécifique au cours des  siècles et qui n'envie rien à celle des autres peuples. Qu'elle leur  est égale et qu'ils défendront contre toute volonté de la dissoudre  dans un espace géographique quelconque ou de la réduire à une  dépendance d'un espace géopolitique ou géostratégique quelconque.
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La « mauritanité » est aussi une dynamique respectueuse des volontés  des peuples de se regrouper pour un avenir commun (à toutes échelles continentale, régionale ou sous régionale) mais elle est l'unique  rempart contre le sacrifice du peuple mauritanien aux intérêts  quelconque d'une nation, d'un Etat ou d'un regroupement proche ou lointain.

L'identité mauritanienne c'est la mise en œuvre du « dialogue des  civilisations » pour un avenir commun dont le dénominateur n'est autre que la « mauritanité» d'abord et en fin.

Pr ELY Mustapha.
 2007

Des partis mal partis

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Cet article a été publié sur un blog ami il y a trois ans ("Non à l'instrumentalisation du politico-déologique du savoir") . Il n'a pas  perdu un iota de son actualité. Ce qui signifie, hélas,que la Mauritanie est toujours au point zéro de son indépendance. Ses partis politiques, à défaut d'avoir une vision pour leur propre pays ne pensent qu'à le dévoyer aux causes idéologiques étrangères.
Non à l’instrumentalisation politico-idéologique du pays!

Que les Mauritaniens de tous bords , en Mauritanie et ailleurs. Que les mouvements politiques de tous bords en Mauritanie et ailleurs sachent que tous les esprits libres de Mauritanie, contreront sur le plan des idées et sur le terrain, en se battant pied-à-pied s’il le faut, toute attitude tout courant politique, idéologique, économique, éthnique , militaire qui mettrait en cause les principes suivant :
  •  L’identité de la Mauritanie en tant que pays composé d’un peuple arabe, négro-africain et berbère, uni et solidaire.

  • L’appartenance de tous les mauritaniens à un même et unique territoire, défini géographiquement, à un Etat , souverain sans division de race , d’ethnie ou de réligion 

  • Le rejet de toutes théorisations idéologique, politique, économique visant l’identification du Mauritanien

  • Le rattachement du mauritanien à sa patrie par le jus sanguinis (droit du sang)et le jus solis (et droit du sol) sans autres considérations hors-la-loi .
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Ces principes immuables rejettent toute volonté d’établir un discours ségrégationniste, racial basé sur une volonté malsaine d’introduire la division entre tous les mauritaniens arabes, négro-africains ou berbère. De refuser le droit des mauritaniens déportés au retour dans leur pays ou de ne pas leur reconnaître leurs droits fondamentaux à vivre sur le sol de leur pays dans la dignité.
L’air du temps revèle des « intellectuels » qui, de conférences en conférences ,de réunions publiques en réunion privées, utilisent un argumentaire scientifique économique et financier, juridique et social, instrumentalisé pour étayer des thèses racistes et d’exclusion.
Que ces "conférenciers" et autres « universitaires » sachent que nous les laisserons pas faire et qu’ils trouveront en nous, et en tous ceux épris d’une Mauritanie unie et sans haine, une muraille qu’ils ne pourront pas franchir.

Aussi nous adressons une mise en garde solennelle à tous ceux qui utiliseront un savoir acquis pour en faire un instrument de divison et de justification de l’inhumain , que nous leur répondrons ici-même et ailleurs quelles que soient leurs positions scientifique,politique, idéologique ou sociale.
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Que nous ne tolérerons pas que les principes ci-dessus mentionnés soient effleurés ni remis en cause.
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Sur ce plan, nous développons une forme d’intolérance intellectuelle qui ne s’embarassera pas de contrer nommément les personnes et les organisations politiques ou autres qui se livreraient à la division du peuple mauritanien par le recours à la manipulation des esprits.
S’il est intolérable que des individus cherchent à diviser un peuple, il est d’une malhonnêteté intellectuelle évidente de vouloir le faire en usant et en abusant d’un savoir qui, au lieu de servir la communauté, s’acharne à la détruire.
Mais une chose est certaine ils trouveront ,en nous, l’antithèse exacte de leurs discours; dussions-nous être le dernier bastion de resistance.
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Pr ELY Mustapha .
16 juin 2007

jeudi 8 avril 2010

Les perles de la République



Marx, Sida et Doléances.



« Les perles de la République », cette rubrique déjà ancienne sur ce blog ,a pour objet de mettre en valeur le bêtisier de nos élites dirigeantes. (Pour les anciennes perles qui forment déjà un collier lancer une recherche « perles de la république » dans la petite fenêtre à gauche de l’écran.)

Pour ce mois ci nous distribuons comme d’habitude les palmes de bronze, d’argent et d’or.

La palme de bronze pour NENNI à l’AMI : Word Vision

Le tout nouveau directeur de l’AMI (Agence mauritanienne d’informations),M.Cheikhna Ould Nenni , vient de déclarer , devant le personnel de l’Agence Mauritanienne d’Informations, ,que sa mission «consiste à mettre en application la vision du président de la république Mohamed Ould Abdel Aziz ».

On se demande vraiment qu’elle autre « vision », Nenni allait-il mettre en œuvre ? La pensée de Karl Marx ?

Mais la véritable question est : pourquoi Nenni, sachant bien qu’il ne peut faire autrement que de se soumettre à la volonté de celui qui l’a nommé, le déclare tout haut ?

Réponse : Aziz a de grandes oreilles et peu de patience. Nenni a une grande bouche et peu de retenue.

La palme d’argent pour le ministre de la Santé : Syndrome Intraitable du Détournement Acquis

« Les autorités sanitaires mauritaniennes ont organisé ce mardi à Nouakchott un atelier de conception pour l’utilisation de l’Islam dans le plaidoyer contre le Sida.

Prenant la parole à cette occasion, le ministre mauritanien de la Santé, Cheikh El Mokhtar Ould Horma Ould Babana, a souligné l’importance du rôle des érudits et exégètes dans la mobilisation contre la propagation du VIH/Sida et la lutte contre la stigmatisation et l’exclusion des personnes porteuses du virus. »

En somme, pour ce ministre, il faut combattre le SIDA… avec l’islam.

On voit donc ce qu’est devenu le service de la santé en Mauritanie, la médecine devient mystique. Elle était déjà fantomatique, ce n’est juste qu’une avancée logique dans son développement.

On fait appel à l’Islam pour lutter contre le SIDA ? Mais ce n’est pas l’islam qui a bouffé le Fonds mondial et détourné les millions de dollars du Fonds ONUSIDA destinés à la lutte contre le VIH en Mauritanie.

Faire appel à l’Islam, pour lutter contre le Sida, est un aveu flagrant d’impuissance.

La parole des oulémas et autres érudits est redondante. Ce n’est pas au Mauritanien qu’on apprendra les interdits islamiques. Il les connait.

Le Sida se combat davantage par l’hygiène, les soins, les traitements, la prévention active et passive par l’utilisation des préservatifs. Et ce n’est pas les Oulémas qui vont distribuer les préservatifs et produire les médicaments génériques.

Alors faire appel à ce qui est spirituel pour guérir ce qui est temporel, relève d’une démarche dont la nature scientifique est fort douteuse.

Si l’on devait faire appel à l’Islam, ce n’est pas pour lutter contre le SIDA, mais punir ceux qui ont laissé les sidatiques mauritaniens en danger, mettant en danger le reste de la société, en détournant les moyens qui leurs étaient destinés. Le véritable SIDA, qui détruit tout, est bien le Syndrome Intraitable du Détournement Acquis, qui frappe les responsables mauritaniens. Et pour ce SIDA là, l’Islam peut quelque chose.

La palme d’or au RFD : Ecoutes et enregistrements

La Direction de la Communication du RFD a publié, à la suite de la visite de sa délégation à Nouadhibou, un communiqué duquel il ressort ce qui suit;

« La délégation a, par ailleurs, visité les quartiers populaires nouvellement déménagés, constaté la situation catastrophique dans laquelle vivent ses pauvres populations, écouté et enregistré les doléances de ces dernières. »

Bien entendu quand on est un parti d’opposition toute situation est catastrophique. Celle des « pauvres populations» en est une. Mais ce qui est hilarant, c’est que la délégation a « écouté et enregistré les doléances de ces dernières ».

La question est alors : pour quoi faire ?

Evident : Lorsque le RFD gagnera les élections présidentielles en 2014 et que Aziz lui servira de majordome, le premier conseil des ministres sera alors consacré aux « doléances des pauvres populations des quartiers populaires déplacées sur leur situation catastrophique écoutées et enregistrées par la délégation du RFD en Avril 2010».

Aussi, les pauvres populations des quartiers populaires déplacées, écoutées et enregistrées par la délégation du RFD, sont priées d'être patientes, elles auront gain de cause.

L'opposition tient toujours ses promesses...si on veut bien la laisser, au moins une fois, accéder au pouvoir. Avec l'aide de toutes les pauvres populations des quartiers populaires déplacées, qui sont dans une situation catastrophique, que la délégation du RFD aura écoutées et enregistrées....jusqu'en 2014.

Vive la démocratie.... à venir ! Pourvu que l'on retrouve les enregistrements.



Pr ELY Mustapha

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Poésie de la douleur.