jeudi 20 septembre 2012

Essai d’une approche de la gouvernance manifeste : Ou comment gouverner par l’inanition.

La gouvernance inanitionique*

(* Inanitionique : Adjectif  inexistant dans la langue française que nous avons inventé par construction sur le terme « inanition » qui signifie « état d'épuisement de l'organisme causé par le manque de nourriture» )

Bihar mains tenduesDepuis le temps que l’on observe nos gouvernants, il m’est apparu que leur mode de gouvernance n’a jamais été défini dans une approche scientifique dépourvue du poids des idées occidentales qui souvent, en enrobant d’un esprit philosophique de haut vol le concept de gouvernance, empêchent l’appréciation de sa véritable réalité. Tout au moins dans nos pays en développement.

Si la politique est, dit-on, l’Art du compromis, il est certain qu’elle est dans nos pays non seulement cela, mais aussi le compromis entre la mauvaise foi et la foi mauvaise. La bonne foi ayant rarement foulé l’espace politique de nos gouvernants, tout au moins pas pour  ceux qui succédèrent aux bâtisseurs des indépendances.

Il convient, pour que la nouvelle théorie de la gouvernance que nous allons développer prenne son essor, de nous débarrasser d’idées occidentales du type : le « gouvernement du Peuple par le peuple » ou le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ou de leurs ressources naturelles » ou encore les «  droits de l’homme, humains, économiques, sociaux culturels » etc. Car en vérité nos gouvernants faisant semblant de les appliquer dans le cadre de la « bonne gouvernance », ne s’en servent que comme slogans pour attirer l’aide publique internationale, acquérir des droits de tirages spéciaux ainsi que les dons et subventions de quelques organisations internationales qui croient qu’ils sont devenus de « bons élèves » de leur idéologie économique.

La réalité est toute autre.

Nos gouvernants ont depuis longtemps trouvé une voie fort subtile pour continuer à gouverner et à mener en bateau toute la communauté internationale. Ils ont découvert le « filon » d’une gouvernance bâtie sur « l’équilibre inanitionique ».

On définit l’« Equilibre inanitionique » comme étant le point de stabilité socio-politique dans lequel se trouve un peuple soumis à deux forces contraires : la faim et la satiété.

Cet « équilibre inanitionique » est pour nous la formulation empirique d’un machiavélisme économique.

En langage naturel, « l’équilibre inanitionique » est atteint lorsque le citoyen (unité numérique d’un peuple), pris entre les besoins de subsistance élémentaire et l’acquisition de biens toujours insuffisants pour assurer son autonomie alimentaire, est neutralisé politiquement.

En d’autre termes, la gouvernance inanitionique c’est l’ensemble des mesures que prennent les gouvernants pour empêcher leur peuple d’être bien nourri, car il s’intéresserait alors à leur politique mais jamais l’affamer pour éviter qu’il se révolte.

Le postulat est le suivant: Un peuple qui n’a pas faim finit par s’intéresser à la politique mais un peuple affamé finit par se révolter.

La problématique résolue par le recours à la “ La gouvernance inanitionique” est : Comment donc faire pour que le peuple ne puisse jamais manger à sa faim pour qu’il consacre son quotidien à la recherche de sa pitance (oubliant donc la politique), mais qu’il puisse trouver juste de quoi s’alimenter pour rester maitrisable.

C’est cet équilibre que nos gouvernants recherchent et qui les maintient en place.

Le “bon” gouvernant inanitionique c’est celui qui sait faire frôler au peuple le seuil de famine tout en l’empêchant de le franchir.

Pour cela il déploie une machinerie politico-économique, d’actions   ponctuelles ( rehaussement au compte-gouttes des salaires, des prestations sociales etc. )  dans laquelle il se présente comme le gouvernant providentiel (pyromane et pompier) aidé en cela  souvent par des organisations financières nationales et internationale.

En effet, comment expliquer que les peuples de pays si riches croupissent dans la misère?

Des richesses souvent faramineuses que ni la dilapidation des gouvernants ni la corruption ne pourraient épuiser et pourtant le peuple en est souvent totalement privé. En fait les gouvernants dans cette forme de gouvernance inanitionique formulent  leur politique économique machiavélique dans le sens de cet équilibre inanitionique.

Si l’on converti l’effort  que le citoyen consacre à la recherche de sa subsistance en temps, et  l’effort qu’il consacre à l’action politique  en temps, le rapport entre ces deux grandeurs donnent le degré de “réussite” de la gouvernance inanitionique”

En affectant au premier l’appellation de “Temps subsistance” et le second “le temps militance”, le point d’équilibre inanitionique sera exprimé par le rapport :

Temps militance /Temps  subsistance.

La gouvernance inanitionique est d’autant plus accomplie que le quotient de ce rapport tend vers 1 . Son Point d’équilibre.  Quand ce rapport prend des valeurs négatives  la gouvernance entre en crise (tensions, émeutes , révoltes etc.) Quand la valeur de ce quotient est supérieure à 1 cela signifie que le temps consacré à la subsistance se réduit au profit du temps de militance. Donc plus ce quotient est positivement grand plus le citoyen s’intéresse à la politique (le temps consacré à la subsistance s’étend réduit) et c’est encore une menace pour les dirigeants pratiquant la mauvaise gestion . Le citoyen, s’intéressant alors à la politique réclamera alors leur redevabilité (rendre compte de leur gestion). Les gouvernants tendront alors à rechercher le point d’équilibre. Voie de salut à leur mauvaise gouvernance.

Ce point d’équilibre peut  être schématisé de la façon suivante:

equilibre inanitionique

Pr ELY Mustapha

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Poésie de la douleur.